Pierryl Peytavi, photographe de la myopie


« Le désir de photographier est le contraire du désir de signifier à tout prix, de témoigner ou d’informer. Il est de l’ordre de la sidération et de l’illusion. » Jean Baudrillard.

La photographie est pour moi un voyage ; à la fois extérieur et intérieur.
Transfigurer le réel.
Ce qui m’intéresse c’est d’aller au delà, tenter de s’approcher des frontières de ce qui est spontanément visible dans le monde. La subjectivité y est affirmée dans un jeu d’illusion/réalité.
Cette pratique photographique peut être définie comme une photographie de la myopie.
Avec la myopie extrême on ne sait plus ce qui est dehors ou dedans; ce qui est défini ou indéfini; ce qui est de l’ordre de la réalité ou de l’illusion.


Ce principe s’applique aux différentes séries, récentes ou en cours.
La série Fenêtres évoque l’altération de ces filtres qui modifient notre perception, tant psychologiques que physiques. Ces espaces photographiques ne sont ni l’intérieur ni l’extérieur. Il s’agit plutôt du rapport, de la distance entre intérieur et extérieur. La frontière floue, le passage entre les deux se déclinant en « image-sensation ».Il est aussi question de la trace, de la marque du temps qui se dépose. Alors le regard photographique opère une ouverture dans la matière.

Les mêmes thèmes sont présents dans mon travail.
Le jeu entre l’apparition et la disparition tend parfois à la limite de la « désidentification » créant une esthétique de la disparition. Les paysages, les arbres, les maisons sont transformés sous l’effet de la vitesse.
Le mouvement et la fluidité apparaissent également dans d’autres séries (Nuits, Balade avec Brownie, Courses de bagnoles américaines…).
Ces séries s’attachent à montrer l’étrangeté, le sentiment trouble de la ville; elle en capte l’atmosphère sensible. La ville devient un passage aux incessants contraires.
Ces séries illustrent le désir d’extirper la vue à son aveuglement. Elles tentent de tirer de la réalité la poésie qui y est masquée.
Les tentatives pour explorer les possibles et les limites de la photographie m’intéressent énormément (utilisation d’appareils rudimentaires, objet texte-photo, installation photographique dans la rue..
.).
 

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